Elie Chouraqui


Élie Chouraqui est né le 3 juillet 1950 à Paris dans une famille juive algérienne modeste de quatre enfants et rien ne le prédisposait à une carrière artistique qui l’amènera à devenir metteur en scène, scénariste, producteur, acteur, écrivain.

Il suit des études classiques, lettres, droit, mais déserte rapidement les facultés du Quartier latin et fait son service militaire. Il entamera une carrière sportive en Volley-ball où il participe à la Coupe d’Europe et aux Championnats du Monde sous les couleurs tricolores.

Il rencontre ensuite le cinéma lors du tournage d’un film de Claude Lelouch dont il devient premier assistant durant quelques années, pour le film « L’aventure c’est l’aventure » notamment ou « La Bonne Année », mais aussi chez d’autres grands cinéastes français. Il écrit ses premiers scripts, réalise un court métrage et plus d’une centaine de films publicitaires puis rencontre Anouk Aimée. Il écrit pour elle « Mon premier amour » qu’il adapte d’un roman de Jack-Alain Léger, mais ne trouve aucun producteur. Il fonde alors sa société, 7 Films, et produit lui-même son film : « Je pouvais tout perdre mais comme je ne possédais rien, cela ne faisait pas grand-chose. » Au côté d’Anouk Aimée, il choisit Richard Berry, qui apparaît pour la première fois à l’écran dans un premier rôle, Jacques Villeret et Nathalie Baye. Karl Lagerfeld crée les costumes. Comme producteur il perd beaucoup, mais le film est un succès critique qui lance sa carrière.

Après un détour par la télévision, où il met en scène à nouveau Anouk Aimée, accompagnée cette fois de Bruno Cremer et Catherine Hiegel, il écrit « Qu’est-ce qui fait courir David? » qu’il produit aussi, comme il produira ou coproduira tous ses films. Le film est sélectionné au festival de Cannes, mais on est en 1981, François Mitterrand arrive au pouvoir et une semaine avant le début du festival, tous les films sélectionnés sont déprogrammés pour être remplacés par d’autres.

Élie Chouraqui ne veut pas être une autre étoile filante du cinéma français. Pour son film suivant, « Paroles et musique » (1984), Isabelle Adjani accepte le rôle de Margaux, l’héroïne du film, mais à quelques jours du tournage, elle abandonne le rôle. Catherine Deneuve, que Chouraqui contacte aussitôt, reprend le rôle au vol. Christophe Lambert, Richard Anconina et la jeune Charlotte Gainsbourg, dont c’est le premier rôle à l’écran, l’accompagnent. Et le film rencontre un nouveau succès public.

En 1987, il réalise son premier film en langue anglaise, « Man on Fire », une première expérience hollywoodienne. Chouraqui y dirige Joe Pesci, Danny Aiello et Scott Glenn. Ce film connaîtra un remake avec Denzel Washington.

Dans ses films, les thèmes privilégiés par Chouraqui sont l’égalité, les droits de l’homme, la liberté, l’amour, l’espoir, la justice, la paix dans une constante impasse, ses origines juives, l’identité et sa recherche. Autour de ce dernier thème, il commence le tournage de « Miss Missouri », dans lequel il retrouve Richard Anconina qu’il entraîne avec lui, entre Chicago et Kansas City.

Il réalise ensuite « Les Marmottes », co-écrit avec Danièle Thomson et interprété par Gérard Lanvin, André Dussollier, Jean-Hugues Anglade, Jacqueline Bisset, Virginie Ledoyen, Christian Charmetant, Daniel Gélin, Anouk Aimée. Ce film illustre avec une forte dose d’humour le fameux « Famille je vous hais ». C’est un nouveau succès dont TF1 tirera une saga télévisuelle.

En 1995, « Les Menteurs » est sans doute un film clef dans la carrière du cinéaste. Chouraqui dirige Jean-Hugues Anglade au côté de Lorraine Bracco, Sami Frey et Valeria Bruni-Tedeschi. Le film est ovationné à Berlin.
En 1999, il enchaîne jusqu’à l’épuisement les « projets fous » : « Harrison’s Flowers » d’abord avec Andie McDowell, Adrien Brody, David Strathairn, Brendan Gleeson, Elias Koteas. Le film, sélectionné dans de nombreux festivals. La presse française et internationale salue la réussite du film.
En 2000, le cinéaste vient d’avoir 50 ans et se lance un nouveau défi : « Les Dix Commandements ». Ce spectacle musical, qu’Élie Chouraqui écrit, produit et met en scène avec la complicité du compositeur Pascal Obispo, des paroliers Florence et Guirao, de Kamel Ouali pour les chorégraphies et de Sonia Rykiel pour les costumes, devient l’événement de la rentrée 2000. Il va draîner en France plus d’1,8 million de personnes, 3,3 millions de supports disques seront vendus ainsi que 600 000 vidéos du spectacle. « Les Dix Commandements » sont joués en Italie, au Japon, aux États-Unis, en Belgique, en Suisse, jusqu’en Corée du Sud : la troupe retourne en octobre 2007 à Séoul et atteint sa huit centième représentation.

Par ailleurs, il termine l’écriture d’un premier roman « La vie n’est qu’une ombre qui passe » (Robert Laffont), l’histoire d’un aventurier qui usurpe l’identité d’un aristocrate, avant de jouer les révolutionnaires en Amérique. Il enchaîne avec un essai, « Le Sage et l’Artiste », qu’il coécrit avec son homonyme, le philosophe André Chouraqui (Grasset), et met en production, sur une musique de Maxime Le Forestier cette fois, un autre spectacle musical : « Spartacus le gladiateur ».

En 2006, il commence le tournage de son film « Ô Jérusalem », adapté du best-seller de Dominique Lapierre et Larry Collins.

En 2010, il met en scène pour la première fois au théâtre « Fallait pas me mentir », une pièce écrite par Alexandra Dadier et Emma Scali qui y interprète également le rôle principal.

En 2012 il met en scène pour la première fois un opéra, « Aïda » de Verdi, dans le cadre des opéras en plein air et devient coproducteur, avec Benjamin Patou, de cette manifestation annuelle.

En 2013, il fait son « aliyah » et devient ainsi franco-israélien.