Delphine de Malherbe


Elle est la jeune écrivain et metteur en scène ayant dirigé le plus de tête d’affiches masculines en un temps record dans « Inconnu à cette Adresse« , au Théâtre Antoine, chez Laurent Ruquier et Jean-Marc Dumontet .

Ses thèmes privilégiés, en tant qu’écrivain, comme en tant que metteur en scène, sont: la recherche de la « réussite d’une vie », contrairement à la quête de la « réussite » tout court (A l’heure où les hommes vivent), la question de la foi (N’ayez pas peur de croire, témoignages sur ce sujet avec Robert Hossein, Dominique Besnehard, Claude Lelouch etc), la résilience (La femme interdite, La fille à la vodka), les choix de vie et sa capacité à être fidèle à ses valeurs, ses amis, son amour dans des contextes historiques forts: (Inconnu à cette Adresse)… et enfin: la notion de la place de l’âme dans la sexualité d’un couple dans un opuscule inspiré par le travail de peintre d’ Isild le Besco, opuscule illustré par Isild (Vie Erotique).

Dès l’âge de 16 ans, elle rêve d’être une artiste complète. Quand d’autres voudraient devenir Balzac, James Dean ou Marylin, Pompier, princesse ou infirmière, Delphine de Malherbe fantasme sur les parcours libres de Jean Cocteau, Colette ou Patty Smith pour ne citer qu’eux. « Ce sera ça, ou le couvent », dit-elle enfant en riant, très marquée par son éducation religieuse. Ces trois personnalités n’avaient en effet pas peur d’écrire, de mettre en scène, de dire ou de jouer des textes sans craindre les étiquettes.

Delphine de Malherbe voudrait comme eux, proposer un univers. Et non, « chercher à avoir une bonne note dans une seule discipline ». Être LA meilleure ne l’intéresse pas. « C’est restrictif, « piégeux », vaniteux et non humain pour ne pas dire inhumain.  » De fait, Delphine de Malherbe cumule très jeune une foule de métiers « pour gagner sa vie, connaître, respirer, les milieux, profils et caractères ». Mannequin, serveuse, documentariste, baby sitter… elle finance ainsi le Cours Simon où elle s’inscrit, car l’acteur Jean Marais lui a conseillé d’apprendre à dire des dialogues pour pouvoir les écrire. Comme tout aspirant écrivain elle connaît des premières années « galères », s’inscrit également en Fac de Lettres Modernes mais abandonnera très vite. Dès lors, elle écrit jour et nuit pour travailler à son premier roman et monte sa compagnie de théâtre « Les Soleils Rouges ».

Elle crée ainsi sur les scènes ouvertes de l’Espace Jemmapes et du Théâtre de la Plaine sa première pièce de théâtre: L’affront d’un rêve parrainée par Philippe Léotard et Jacques Higelin. Avec sa deuxième pièce Misogynes, elle gagne ensuite le concours Premier Geste de l’Espace Kiron et du Théâtre national de Chaillot. Sophie Demichel met en scène une première fois Misogynes à l’espace Kiron. Puis la pièce sera reprise au théâtre Dejazet. Misanthropes, son troisième opus, sera lu en clôture du Salon du Livre de Paris par Andréa Ferréol. Texte avec lequel elle obtient une bourse du Centre national du livre. Elle commence dès lors à signer chaque semaine des portraits d’acteurs et de metteurs en scène pour le Journal du dimanche puis arrêtera pour se consacrer entièrement à son œuvre. Pour creuser le sillon, « se sentir libre » et élargir son univers, à chaque fois qu’un de ses livres sort, elle dit également des textes de sa plume en musique, comme récemment sur les scènes des Théâtre des Déchargeurs, de l’Espace Kiron ou du Théâtre du Gymnase.

En 2006 avec la sortie son premier roman La femme interdite, son travail est reconnu par le public et la critique. Elle signera ensuite La fille à la vodka, sa deuxième autofiction, éditée par Plon, qui sera également distinguée. Et entre-temps, comme vue plus haut, des ouvrages et essais sur la Foi, l’amour, ou la déclinaison de la passion amoureuse, « la passion étant le contraire de l’amour », (voir références.) Comme elle obtient des prix comme auteur de théâtre, elle devient metteur en scène des pièces qu’elle signe, dont Une passion Anaïs Nin-Henry Miller, librement inspirée du journal d’Anaïs Nin, jouée en 2010 au Théâtre Marigny. Delphine de Malherbe raconte comment ces deux créateurs, respectivement joués par Évelyne Bouix et Laurent Grévill, sont tombés amoureux. Comme David Foenkinos, Philippe Grimbert ou Alma Brami, elle se livre ensuite à un jeu de portrait fictif dans la collection Miroir d’ Amanda Sthers en signant l’ouvrage L’aimer ou le fuir chez Plon, inspiré d’un épisode de la vie de l’écrivain Colette.

Elle met en scène Inconnu à cette adresse en 2012 au théâtre Antoine avec Gérard Darmon et Dominique Pinon. Les plus grands acteurs de la scène française se relaient chaque mois pour jouer dans ce spectacle qu’elle dirige. Meilleure pièce de l’année 2013 aux Globes de Cristal. Cette jeune femme qui a signé un premier roman qui traitait d’une de « peur des hommes » dépassée, guérie » – entre autres résilience – , se retrouve la première fille metteur en scène à diriger autant de têtes d’affiches masculines en un temps record. Elle confie pourtant au journal La Vie détester « le pouvoir » en tant que tel. Mystère de l’alchimie de l’imaginaire nécessaire à l’écriture, de l’autorité naturelle nécessaire à la mise en scène, de l’empathie et de la distance.